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Enrichir l’environnement sonore pour les prématurés en unité néonatale de soins intensifs

L’environnement auditif de l’unité de soins intensifs néonatals : un contexte critique pour le développement cérébral des prématurés

Les prématurés hospitalisés dans les unités de soins intensifs néonatals (USIN) sont confrontés à un environnement auditif atypique (par exemple, bruit et alarmes) et passent souvent moins de temps de qualité avec leurs parents (c’est-à-dire qu’ils manquent de stimuli auditifs significatifs et structurés).

Cela peut affecter la maturation cérébrale et augmenter les risques de difficultés cognitives et socio-émotionnelles ultérieures. Les recherches existantes montrent que l’exposition à une musique structurée pendant le séjour en unité néonatale de soins intensifs a un effet positif sur la maturation cérébrale.

Un environnement sonore enrichi, intégrant des stimuli auditifs significatifs tels que la voix maternelle, peut-il améliorer davantage la maturation cérébrale ?

Enrichir le paysage sonore autour de la voix maternelle

  • L’intervention visant à enrichir le paysage sonore repose sur une musique soigneusement composée par le compositeur suisse Andreas Vollenweider.
  • La musique comprend des cloches, des punji, des flûtes et des fréquences gamma intégrées à la voix de la mère, offrant ainsi un environnement auditif structuré et significatif.
  • Ce paysage sonore enrichi pourrait mieux favoriser le développement sensoriel et cérébral précoce des prématurés pendant leur séjour en unité néonatale de soins intensifs.

L’intervention

  • Les nourrissons sont systématiquement exposés aux trois types de paysages sonores — « réveil », « activité » et « sommeil » — plusieurs fois par jour durant leur séjour en unité de soins intensifs néonatals (USIN), afin de favoriser la régulation des états comportementaux, considérée comme un signe de maturation fonctionnelle du cerveau.
  • Une exposition prolongée à la voix maternelle pourrait renforcer le développement émotionnel et social.

A l’écoute du cerveau en développement

  • L’activité cérébrale est mesurée à l’aide de l’EEG et de l’IRMf en fonction de différents stimuli auditifs (tels que la musique, la voix de la mère versus celle d’un étranger, la prosodie émotionnelle, etc.), fournissant des informations sur le traitement neuronal précoce de stimuli auditifs porteurs de sens.
  • La microstructure cérébrale et la connectivité fonctionnelle sont également évaluées à partir de données d’IRM structurelle et fonctionnelle.

Que se passe-t-il lorsque les bébés naissent trop tôt ?

  • Lorsque les bébés naissent prématurément, la transition précoce entre l’environnement intra-utérin et l’unité de soins intensifs néonatals (USIN) — un environnement caractérisé par une abondance de bruits électroniques et mécaniques et par une réduction des stimulations auditives porteuses de sens — peut perturber l’organisation et la croissance normales du cerveau.
  • Ces modifications précoces peuvent accroître le risque de difficultés cognitives, comportementales et socio-émotionnelles ultérieures, soulignant la nécessité d’interventions de soutien dès les tout premiers stades de la vie.

Risques neurodéveloppementaux liés à la prématurité

  • Déficits cognitifs
  • Troubles comportementaux (inattention, anxiété, problèmes internalisés et socio-émotionnels)
  • Troubles psychiatriques (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, trouble du spectre de l’autisme, anxiété et dépression)
Prof. Petra Hüppi, HUG.

Petra S. Hüppi est professeure ordinaire à l’Université de Genève, cheffe du Département de la femme, de l’enfant et de l’adolescent ainsi que du Service du développement et de la croissance aux Hôpitaux universitaires de Genève. Ses recherches portent sur le développement précoce du cerveau humain et examinent comment la prématurité et les conditions de vie précoces influencent la structure et le fonctionnement cérébraux, à l’aide de techniques d’EEG et d’IRM, afin d’orienter des interventions précoces chez les enfants à risque de troubles du neurodéveloppement.

Institution(s):

Points forts

11 %

des naissances dans le monde sont prématurées (avant 37 semaines)

50-67 %

des nourrissons nés très prématurément (< 32 semaines) présentent des troubles neurodéveloppementaux prolongés

5 fois moins

d’exposition au langage chez les nourrissons très prématurés par rapport aux fœtus durant la période correspondant à la prématurité

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