La carrière du professeur Lacour a été consacrée au rapprochement de la biologie et de l’électronique, en se concentrant sur l’intégration de matériaux souples avec des composants rigides pour faciliter la communication entre les ions dans le corps humain et les électrons dans les circuits. Depuis qu’elle a rejoint l’EPFL en 2011, elle a été à la pointe de la recherche en science des matériaux et en miniaturisation des électrodes, contribuant au développement d’interfaces cerveau-ordinateur (BCI) qui décodent les signaux cérébraux et les traduisent en actions. Mme Lacour est cofondatrice de l’Institut Neuro X, qui explore les applications médicales des neurotechnologies, et elle est depuis peu vice-présidente de l’EPFL pour le soutien aux initiatives stratégiques. La neurotechnologie, qui relevait autrefois de la science-fiction, est en train de devenir une réalité, grâce aux progrès des BCI et des implants souples qui permettent aux patients paraplégiques de marcher et aux ordinateurs d’être contrôlés par la pensée. Cependant, malgré les progrès réalisés, de nombreux BCI sont encore en phase de test ou d’essais cliniques, et le développement d’électrodes souples, qui offrent des avantages en termes de bio-intégration, est en cours.
Le domaine de la neurotechnologie progresse rapidement, grâce à l’amélioration des méthodes de fabrication et de miniaturisation. Des systèmes à haute densité d’électrodes sont en cours de développement pour étudier l’activité cérébrale et contrôler les prothèses, mais il reste des défis à relever en matière de miniaturisation des alimentations et de traitement des données en temps réel. L’adoption de la neurotechnologie en tant qu’option thérapeutique pourrait prendre de 15 à 25 ans, en fonction de la mise en place d’installations de production de masse et de la réduction des coûts. Les technologies non invasives telles que les EEG sont déjà utilisées pour le diagnostic, mais leur résolution spatiale est limitée. Au-delà des problèmes de motricité, les implants neuronaux pourraient faciliter la communication, traiter les crises d’épilepsie et les tremblements de la maladie de Parkinson, et contribuer à la rééducation neurofonctionnelle. Le potentiel de la neurotechnologie s’étend au-delà du cerveau, aux nerfs périphériques et à d’autres parties du corps, les futures technologies hybrides pouvant restaurer les fonctions perdues. Malgré les promesses, des défis techniques, éthiques et réglementaires doivent être relevés, et la collaboration interdisciplinaire est essentielle pour progresser. L’EPFL est bien positionnée dans ce domaine, favorisant un écosystème pour la recherche et le développement en neurotechnologie.
Source :
https://news.epfl.ch/news/we-re-about-to-see-a-paradigm-shift-in-the-manufac/












