La stimulation transcrânienne par interférence temporelle (tTIS) représente une avancée significative dans les techniques de stimulation cérébrale non invasive, offrant une alternative prometteuse à la stimulation cérébrale profonde traditionnelle, qui nécessite généralement des procédures chirurgicales invasives. Des chercheurs d’institutions telles que l’École polytechnique fédérale de Lausanne et l’hôpital universitaire de Würzburg ont démontré que la tTIS peut délivrer une stimulation électrique ciblée à des régions cérébrales profondes telles que l’hippocampe et le striatum sans intervention chirurgicale. Cette méthode permet de relever le défi d’une stimulation cérébrale à la fois profonde et précise, ce qui constitue une limitation des techniques conventionnelles. Le développement du tTIS implique l’application de paires de courants alternatifs à haute fréquence sur le cuir chevelu, créant un modèle d’interférence qui génère une enveloppe à basse fréquence, modulant sélectivement l’activité dans les régions cérébrales profondes ciblées tout en minimisant la stimulation hors cible.
L’équipe de recherche a validé le concept du tTIS par la modélisation informatique et l’expérimentation animale avant de le transposer avec succès dans les études humaines. Les expériences ont montré que le tTIS peut moduler les structures cérébrales profondes sans affecter de manière significative les régions corticales sus-jacentes, une innovation clé qui permet de surmonter les limites des méthodes de stimulation cérébrale non invasives existantes. La capacité de la technique à réaliser une activation neuronale focale dans des zones spécifiques du cerveau, telles que l’hippocampe, sans affecter les régions adjacentes, a été démontrée dans des études précliniques. Cette précision permet d’étudier la fonction des régions sous-corticales et de mettre au point des interventions ciblées pour les troubles neurologiques et psychiatriques, notamment la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et les troubles obsessionnels compulsifs.
Les implications de cette recherche sont considérables, car le tTIS offre un outil plus précis pour comprendre les réseaux neuronaux complexes en permettant aux chercheurs de perturber des régions cérébrales profondes spécifiques sans les effets confondants de la coactivation corticale. La capacité de la méthode à orienter spatialement et à cibler sélectivement la stimulation en fonction du temps augmente son potentiel d’investigation détaillée. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre pleinement les mécanismes sous-jacents de la tTIS et pour optimiser les paramètres de stimulation, tels que l’intensité et la focalité. Cette avancée promet de contribuer de manière significative à la fois aux neurosciences fondamentales et au développement de nouvelles interventions pour les troubles neurologiques et psychiatriques, ce qui pourrait remodeler notre compréhension de la stimulation cérébrale et de ses possibilités thérapeutiques.












