Étudier la cognition physique dans la phylogénie
Tester les individus dans leur environnement naturel permet d’offrir un cadre écologiquement valide à l’étude de la cognition.
Pour les chimpanzés, cet environnement est leur forêt tropicale natale.
Pour les bébés humains, il se situe au cœur de la société : dans les écoles, les crèches ou les musées.
Tester des traits culturels tels que l’utilisation d’outils à travers les espèces permet de relier la cognition physique — mobilisée pour résoudre une tâche comportementale — à des variations physiologiques comme le cortisol lié au stress.
Étudier la cognition sociale dans l’ontogénie
Le développement de la communication émotionnelle est crucial pour les bébés et jeunes enfants humains, qui acquièrent non seulement des connaissances mais aussi des attitudes envers le monde extérieur.
Comprendre comment les émotions interagissent avec l’apprentissage est essentiel pour identifier ce qui est unique dans notre espèce.
Les humains sont particuliers parmi les primates, mais ils ne sont pas les seuls à posséder une vie émotionnelle et sociale riche.
Comprendre comment se développe l’émotionnel en parallèle des différents rythmes de vie des espèces offre une fenêtre sur le développement du cerveau.
Étudier l’essor du cerveau émotionnel
Les émotions colorent notre production vocale tout autant que l’affect colore notre manière d’entendre les mots.
C’est incontestable chez l’humain, mais cela reste débattu chez d’autres primates, car le contenu émotionnel de leurs appels semble parfois s’opposer à leur potentiel sens.
Les méthodes de neuroimagerie permettent désormais d’observer en temps réel comment notre cerveau réagit à la diffusion d’appels émotionnels, qu’ils soient produits par des humains ou d’autres primates.
Fait crucial : notre cerveau réagit aux appels de chimpanzés, montrant que la phylogénie et la proximité acoustique influencent notre perception.
Comment l’esprit humain a-t-il évolué ?
L’évolution de l’esprit humain demeure mystérieuse car, contrairement aux os, le cerveau ne fossilise pas.
Homo sapiens n’a que 300 000 ans.
Que s’est-il passé durant cette période — longue à nos yeux, mais courte à l’échelle de l’évolution ?
Et qu’y avait-il avant ?
Sommes-nous spéciaux ?
Les théories continuiste et discontinuiste offrent des visions très différentes de l’évolution humaine, influençant la manière dont nous nous percevons au sein du règne animal.
-
Les théories continuiste soutiennent que nous partageons des traits avec les autres primates, tels que notre capacité à une communication intentionnelle, référentielle et basée sur une syntaxe.
-
Les théories discontinuiste soutiennent que certains de nos traits, comme le langage, reposent sur une ou quelques mutations ayant profondément transformé notre esprit.
Ces positions théoriques ont des conséquences concrètes : la manière dont nous traitons les animaux à la maison, au laboratoire ou dans les abattoirs.
Seule la recherche peut nous permettre de répondre à Darwin : différons-nous en nature, ou seulement en degré ?














