Les micro-états, ou microstates EEG, sont des configurations récurrentes de l’activité électrique du cerveau, et sont considérés comme fondamentaux pour la pensée, la perception et la conscience. Ces micro-états, décrits pour la première fois dans les années 1980, se sont révélés porteurs d’informations importantes sur la santé mentale dans divers états, notamment l’éveil, le sommeil et les troubles neurologiques ou psychiatriques. Les recherches suggèrent que ces microstates fonctionnent comme un langage du cerveau, avec des séquences et des transitions spécifiques s’apparentant à la grammaire et à la syntaxe. La compréhension de ces schémas pourrait apporter un éclairage sur la dynamique cérébrale et les changements associés au vieillissement ou au déclin cognitif.
Malgré près de quatre décennies de recherche, les microstates EEG ne sont pas encore devenus un outil clinique courant pour le diagnostic et le suivi des troubles neuropsychiatriques. Parmi les défis à relever figurent la nécessité de normaliser les méthodes, de passer des statistiques de groupe à des prédictions individuelles, et d’intégrer l’EEG à d’autres techniques telles que l’IRM fonctionnelle rapide. L’objectif est de développer des bases de données normatives couvrant toute la durée de vie humaine, permettant ainsi l’utilisation des micro-états comme outils de diagnostic. Les recherches futures visent à mettre en place des études à plus grande échelle afin de valider le potentiel diagnostique de ces configurations et d’explorer le rôle de l’apprentissage automatique dans l’amélioration de leur utilité clinique.
Le prof. Christoph Michel et Dr. Lucie Bréchet de l’Université de Genève détaille dans leur dernier article les avancées spectaculaires récentes ainsi que le chemin restant à parcourir.
Source :
https://www.unige.ch/medecine/newsletter/en/issue-57-june-2026/language-brain-thinks










