La dysréflexie autonome est une complication grave de la lésion médullaire qui se caractérise par des crises hypertensives soudaines. Cette affection résulte de la perte du contrôle cérébral sur les fonctions autonomes, entraînant une hyperactivité des neurones de la moelle épinière. Des chercheurs du groupe du prof. Courtine (EPFL) ont mis en évidence que les neurones de la moelle épinière exprimant le gène Vsx2 deviennent hyperactifs après une lésion, contribuant ainsi à la dysréflexie autonome. Ces neurones, généralement associés aux fonctions motrices, subissent une réorganisation anatomique importante après la lésion, formant des projections denses qui aggravent la pathologie.
Pour y remédier, une thérapie neuromodulatoire utilisant la stimulation électrique épidurale a été mise au point. Cette thérapie cible l’architecture neuronale hyperactive, prévenant ainsi les épisodes hypertensifs en rééduquant la réponse de la moelle épinière aux stimuli. Dans les études animales, des séances quotidiennes de stimulation de la moelle épinière ont permis d’éliminer la dysréflexie autonome, et des approches similaires chez l’homme ont donné des résultats prometteurs dans la réduction de symptômes tels que les maux de tête et les palpitations cardiaques. Ces recherches ont conduit à l’intégration de la dysréflexie autonome comme critère d’évaluation clé dans les essais cliniques, dans le but d’améliorer la régulation de la pression artérielle chez les personnes atteintes de lésions médullaires. Ces résultats laissent entrevoir un avenir où la dysréflexie autonome deviendrait une affection gérable plutôt qu’une crise imprévisible.
Lien vers la publication :
https://doi.org/10.1126/science.aej5900










